Quelques données statistiques sur la production légumière |
Sur le millier d’exploitants agricoles recensés en 1988 dans le Val de Saire, la moitié cultivaient des légumes en y consacrant en moyenne 7 hectares, soit le tiers de la superficie de leur exploitation. Par ailleurs 13 exploitants possédaient des serres en 1988. Le secteur des légumes se distingue par la forte proportion de jeunes chefs d’exploitation; celà est particulièrement vérifié dans le Val de Saire où 47% des producteurs de légumes ont moins de 45 ans (contre 28% seulement pour l’ensemble des exploitants agricoles de la Manche).
Durant les dernières campagnes de la décennie 1980, le Val de Saire commercialisait environ 35.000 tonnes de choux-fleurs (plus de 17 millions de têtes), 19.000 tonnes de pommes de terre-primeur, 9.000 tonnes de choux-verts et 2.800 tonnes de persil, soit la plus grande part de la production du département pour ces "légumes". Pour les carottes et les poireaux - deux spécialités traditionnelles.
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Un milieu naturel favorable à la production légumière |
Dans le Val de Saire, le climat et les sols sont propices aux légumes. Du fait de sa quasi insularité, la région n’enregistre que très rarement de fortes chaleurs ou de grands froids. Les pluies sont régulières. Ces conditions permettent un bon déroulement du cycle végétatif des légumes d’automne et d’hiver : choux-fleurs et autres choux, carottes, poireaux, pommes de terre primeur, navets et persil. Surtout, elles rendent la récolte possible tout au long de l’hiver. La nature sableuse et limoneuse des sols constitue un atout supplémentaire pour la bonne réalisation des façons culturales, depuis la préparation des lits de semence jusqu’à la récolte.
Une organisation économique en constante évolution |
Les productions légumières, très sensibles au marché, ont connu dans le passé de nombreuses crises. L’offre et la demande dépendent souvent directement des évènements climatiques. Une période exceptionnellement chaude accélère la végétation à un moment où la consommation régresse. Au contraire, le froid et notamment le gel gênent les opérations de récolte alors même qu’ils stimulent la consommation. Bien que protégé des intempéries, le Val de Saire n’a pas été épargné par les crises. La commercialisation traditionnelle sur le marché de la commune de Barfleur ayant montré ses limites, les producteurs se sont organisés à la fin des années 1960.
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C’est à cette époque que se constituent des groupements de producteurs, répondant à deux types d’approches économiques toujours représentées aujourd’hui. La moitié des producteurs souhaitaient aller plus loin dans la commercialisation; ils ont créé des coopératives. L’autre moitié des producteurs désiraient seulement organiser la mise en marché des légumes; ils se sont constitués en union pour gérer le marché au cadran de Barfleur, installé en 1970, et pour établir des relations contractuelles avec des expéditeurs de la région.
A partir de 1985, les groupements de producteurs se sont structurés à l’échelle du département de la Manche. L’union des producteurs de légumes de la région de Barfleur constitue aujourd’hui la plus importante des sections du groupement des producteurs de légumes de la Manche (G.P.L.M.), coopérative de mise en marché. Pour des motifs d’urbanisme, le marché au cadran a été déplacé et modernisé à Anneville en Saire. Les coopératives du Val de Saire se sont quant à elles regroupées avec la coopérative départementale CASAM pour créer PRIMCO, coopérative d’envergure nationale pour la commercialisation des légumes. La construction des chambres froides commence à avoir une influence sur la régulation du marché, en permettant de stocker les légumes lorsqu’ils sont trop abondants.
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Un secteur légumier stratégique au sein de la Basse- Normandie |
Le secteur du Val de Saire joue un rôle important dans l’organisation économique et technique des producteurs de légumes de Basse-Normandie. C’est en particulier en limite de Tocqueville et de Gatteville qu’a été implanté la station pour l’expérimentation et le développement des cultures maraîchères de Basse-Normandie, connue sous le nom de SILEBAN. Cette station, qui a une vocation régionale, développe depuis 1976 des actions d’expérimentation, d’appui technique et d’encouragement à la diversification des productions et horticoles.
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Car la réputation de notre région n’est plus limitée à la carotte et au poireau. Bien entendu, la Manche valorise son savoir-faire dans ces deux productions où elle se place au premier rang des départements français. Mais le chou-fleur, la pomme de terre primeur, les autres choux, les navets, les salades et le persil complètent déjà le "panier de légumes frais" offert par le Val de Saire. Le développement des cultures sous serres est également un signe de ce dynamisme. Et au visiteur avisé qui s’étonnerait de noter la rareté des cultures florales, on peut sans grand risque donner rendez-vous dans quelques années.
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